BRESIL 2014

Coupe du monde 2014

Stars déchues et déçues

La Coupe du monde promet souvent la gloire aux stars du ballon rond qui viennent la disputer. Il apparaît toutefois que chaque édition se transforme en cauchemar pour au moins un prodige de la planète foot. Revue d’effectifs.

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Pour des raisons de concision, cette étude ne s’appliquera qu’aux cinq dernières Coupes du monde.

1994 : Andrés Escobar

Cela peut paraître étrange mais lorsque s’ouvre le Mondial 1994, l’équipe de Colombie fait partie des équipes jugées favorites à la victoire finale. Impériaux depuis leur camouflet face aux surprenants Camerounais en huitièmes de finale du Mondial italien de 1990, les Cafeteros portent l’espoir de tout un peuple. Réputé pour son jeu plein d’élégance et sa solidité, le défenseur Andrés Escobar incarne toute l’ambition de son pays en début de compétition.

Seulement voilà, alors qu’on l’attendait dans le dernier carré, la Colombie se prend les pieds dans le tapis. Battue par la Roumanie lors de son match initial (3-1), elle chute de nouveau contre le pays organisateur, les Etats-Unis (1-2). Malgré un regain de forme contre la Suisse (victoire 2-0), les Colombiens quittent la compétition au premier tour dans un groupe où les trois premiers rallient pourtant les huitièmes.

Symbole de cet échec, le célèbre Escobar aura inscrit contre son camp un but très fâcheux face aux Etats-Unis, une réalisation malheureuse qui coûtera sa qualification à son équipe. Le défenseur colombien est à ce jour autrement plus célèbre pour avoir été assassiné moins de deux semaines après son erreur, chez lui, à Medellin. Un forcené lui aura asséné 12 balles de revolver en guise de punition. Consternant, affligeant, les mots manquent pour qualifier cet acte. Ils nous manquent d’autant plus quand on sait que l’auteur de ce meurtre a été remis en liberté pour bonne conduite, en 2005.

1998 : Raul et Ariel Ortega

Lorsqu’ils débarquent en France en juin 1998, l’Espagnol Raul et l’Argentin Ortega sont deux stars mondiales en puissance. A cette époque, ils ont en commun d’évoluer dans le Championnat d’Espagne. Le premier fait les beaux jours de l’attaque du Real de Madrid depuis trois saisons, le second est un redoutable milieu offensif qui régale les supporters du Valence CF par son jeu tout en technique. L’un comme l’autre vont manquer leur Mondial 98, dans des proportions toutefois distantes.

Honneur à Raul pour démarrer. L’attaquant, épaulé par Morientes, Luis Enrique ou encore Fernando Hierro, fait partie d’une équipe d'Espagne compétitive et qui n’aspire qu’à briller dans l’hexagone. Malgré un but exceptionnel à Nantes contre le Nigéria, Raul voit son équipe s’incliner d’entrée (3-2) à la surprise générale. Incapables de réagir contre le Paraguay (0-0) et malgré le carton du Mondial contre la Bugarie (6-1), Raul et sa redoutable armada quittent France 98 au premier tour. La star espagnole ne connaitra jamais le frisson d’un dernier carré du Mondial. Pire, l’équipe ibérique se mettra à enchainer les titres aussitôt après son départ.

De son côté, Ortega limite la casse comparé à Raul. Le fantasque meneur, en qui tout le monde voit alors le nouveau Maradona, conduit son équipe en quarts de finale contre les Pays-Bas, à Marseille. Tombeuse de l’Angleterre en huitièmes, l’équipe conduite par la star de Valence et l’attaquant Gabriel Batistuta dispose de toutes les qualités nécessaires pour soulever trophée au Stade de France. Le match contre la Hollande est accroché mais en fin de rencontre, alors que l’Argentine joue en supériorité numérique, Ariel Ortega perd ses nerfs suite à un pénalty non sifflé. Son altercation avec Edwin Van der Sar lui vaut un carton rouge. Honteux, il laisse son équipe dans un profond désarroi et surtout désorganisée. Deux minutes après son exclusion, Dennis Bergkamp inscrira un but d’anthologie et enterrera définitivement les espoirs argentins (2-1).

2002 : Zidane (et le reste des Bleus)

L’équipe de France est la reine des incroyables naufrages depuis deux décennies. 2002 est une année noire pour les champions du monde en titre. Certainement trop en confiance, les Bleus abordent très sereinement cette nouvelle échéance mondiale et ne mesurent pas combien l’absence de Zinédine Zidane, blessé, leur sera préjudiciable. A la manière de l’Espagne en 98, la France s’incline d’entrée contre le Sénégal (1-0), à la stupeur générale et se montre par la suite incapable de l’emporter sur l’Uruguay (0-0). Pour son dernier match de poules contre le Danemark, elle a alors besoin d’un succès par deux buts d’écart pour rallier les huitièmes.

Bonne nouvelle, Zinédine Zidane, prétendument remis de sa blessure, sera aligné pour cette rencontre décisive. Le retour du héros de 98 est vécu comme un nouveau vent d’espoir mais il ne changera rien. Pire, c’est le séduisant Danemark qui l’emportera pas deux buts d’écarts (2-0) et ralliera le second tour. Dernière de sa poule avec 0 but marqué, la France fait face à un échec retentissant. Zinédine Zidane, à qui on promettait une gloire inédite au cœur de cet été asiatique, n’aura pas pesé lors du match décisif. Il quitte la compétition en l’ayant traversée comme un fantôme.

On aurait pu citer : Gabriel Batistua et l'Argentine

2006 : Kaká ne fait pas le poids

Autre joueur qui devait mener sa sélection sur le toit du monde, le Brésilien Ricardo Kaká est loin d’avoir eu l’influence escomptée sur le parcours de la Seleçao lors du Mondial allemand de 2006. Pour contextualiser, le milieu offensif est au cœur de ses premières années milanaises lorsque s’ouvre la 18ème Coupe du monde de l’histoire. Avec l’AC Milan, Kaká vient de réussir une saison parfaite sur le plan personnel : 19 buts en 49 matches, une grande influence sur le jeu de son équipe et une technique qui émerge aux yeux du monde entier pour faire terminer le club lombard à la 2ème place du classement officiel, derrière la Juventus. Officiel, car le milieu brésilien et les autres stars de Serie A ne sont cette année-là que des points de lumière dans le ciel orageux du Championnat italien, alors frappé par un violent scandale de matches truqués. En guise de sanction, la Juventus est reléguée d’office, la Lazio et la Fiorentina s’en sortent de justesse, le Milan AC rétrograde d’une place. Les futurs champions du monde azzurri choisiront parfaitement leur année pour briller et éteindre par-là même l’incendie. Mais c’est une autre histoire.

Kaká est en Allemagne avec le Brésil pour réussir le doublé. Dans la peau du champion du monde en titre, la Seleçao entend bien ne pas rééditer la piteuse performance française de 2002. Avec le joueur de l’AC Milan dans ses rangs, appelé à lui offrir sa sixième étoile, et le légendaire Ronaldo ou encore le fantasque Ronaldinho, le Brésil fait peur. Victorieuse 1-0 de son match inaugural accroché contre la Croatie (tiens, tiens) grâce à une réalisation prometteuse de Kaká, l’équipe de Carlos Alberto Parreira déjoue tous les pièges du premier tour et sort avec neuf points sur neuf. Héritant du novice Ghana en huitièmes de finale, le Brésil est bien aidé par la providence mais en son sein, Kaká peine à trouver sa place. Le naufrage collectif sera donc terrible en quarts contre la France. Battue 1-0, la Seleçao ne trouvera jamais l’ouverture dans la forteresse française. La faute à un Kaká trop imprécis à qui elle avait pourtant confié les clefs de son jeu. Celui qui devait mettre le monde à ses pieds sera Ballon d’Or quelques temps plus tard. Mais il ne sera jamais une légende du Mondial.

2010 : Messi se la joue ectoplasme

Lionel Messi aborde la Coupe du monde 2010 dans la peau de meilleur joueur de la planète. Son Mondial sera un désastre malgré une participation aux quarts de finale, comme certaines stars citées précédemment.

Pour en savoir plus : Tremble Brésil, Messi arrive

2014 : ???