BRESIL 2014

Coupe du monde 2014

L’Amsud écrase tout, pas le Brésil

Au cours des deuxièmes matches de compétition de ce Mondial, les équipes d’Amérique du Sud ont été à deux doigts de faire carton plein. Etonnamment, c’est son équipe réputée la plus forte, le Brésil, qui a failli en étant la seule à ne pas l’emporter. Analyse.

Colombie fans

Y a-t-il un effet Amérique du Sud dans cette Coupe du monde ? Très certainement ! La ferveur populaire, les stades tout acquis à la cause des voisins brésiliens ont certainement beaucoup apporté aux résultats sud-américains durant la première partie des phases de poules. Le bilan est bien simple, sur douze matches disputés à l’heure actuelle, les équipes de la zone Conmebol en ont remporté neuf pour un nul et deux défaites. A l’heure actuelle, seule l’Uruguay n’occupe pas une place virtuellement qualificative mais la Celeste est à l’origine du seul gros couac sud-américain de ce début de Mondial. En s’inclinant 3-1 contre un Costa Rica inattendu et surtout déjà qualifié, les coéquipiers d’Edinson Cavani ont fait mentir la légende selon laquelle les équipes sud-américaines sont imprenables lorsque le Mondial pose ses valises sur leur continent. Autre défaite, la seule autre, celle de l’Equateur contre la Suisse (2-1). Les Tricolores aurait même dû faire match nul sans le but victorieux de Seferovic au bout du temps additionnel. C’est dire la difficulté des défaites à venir s’installer dans l’aventure des Sud-Américains.

Des adversaires qui évoluent à l’extérieur

Lorsque les concurrent des sud-américains font leur entrée dans les stades, ils ont vite fait de découvrir des travées tapissées aux couleurs de leur adversaires. Lorsqu’en Amérique du Sud, on joue une équipe de ce continent, on joue à l’extérieur plus que dans n’importe quelle autre région du monde. Il n’y a qu’à voir la marée ciel et blanche qui a accompagné l’Argentine contre l’Iran à Belo Horizonte. Sans un stade chauffé à blanc, Lionel Messi n’aurait certainement pas été poussé dans les dernières secondes pour décocher une frappe lumineuse et surtout victorieuse. Et que dire de l’ambiance sans pareille du Maracana lors de Chili-Espagne ? Avec ses tribunes exhortant Vidal et les siens à assommer le champion en titre européen. On vous passera le détail des stades accueillant les matches colombiens, véritables fourmilières jaunes pétillant auxquelles seules de vraies images sauraient rendre véritablement hommage. Enfin, on vous a gardé l’exemple le plus percutant pour la fin. Angleterre-Uruguay (1-2). Dans un stade de Sao Paulo entièrement acquis à la cause uruguayenne, de rares rangées blanches tentaient d’encourager les Anglais mais sans réel impact. L’Uruguay, poussée par son peuple qui n’a eu que quelques kilomètres à parcourir, a fini par se relancer dans ce Mondial. Nous mettons notre main à couper que dans une Coupe du monde disputée en Europe, le résultat aurait été tout autre.

Une ferveur favorable à tous sauf au Brésil

Lors de cette deuxième semaine de compétition, pour la deuxième salve de matches, l’Amérique du Sud était à deux doigts de réussir un 6/6 historique en terme de victoires. Alors que le Chili a réalisé l’exploit contre l’Espagne (2-0), que la Colombie a tenu bon contre la Côte d’Ivoire (2-1) et qu’Uruguay, Equateur et Argentine se sont également imposés, c’est finalement le pays hôte, le Brésil, qui a été mis à mal par le Mexique (0-0). Depuis le début de la compétition, les Brésiliens ne flamboient pas, loin de là. Alors que la préparation et la dernière année passée laissaient augurer du meilleur pour la Seleçao, on sent les joueurs submergés par la pression locale dès que vient leur tour d’entrer dans l'arène. Dans des stades pourtant surchauffés et complètement derrière eux, les joueurs semblent ne ressentir que la pression des attentes et leur jeu s’en trouve contrecarré. Statistique extrêmement parlante : c’est la première fois depuis 1978 que le Brésil ne remporte pas ses deux premiers matches de Coupe du monde. Soit la dernière fois que la Coupe du monde a posé ses valises en Amérique du Sud (en Argentine). Ochoa ne peut pas tout expliquer, on sent bien que le déroulement des événements au Brésil n’est pas pour aider ses joueurs. La surprise de cette Coupe du monde n’est peut-être pas le Costa Rica. Elle réside peut-être tout simplement dans cette vérité : l’ennemi du favori brésilien, c’est peut-être tout simplement de jouer chez lui.